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Santé connectée, faisons le point !

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Publié le Jeudi 15 février 2018 ( mis à jour le Mercredi 13 juin 2018 )

Quel est le point commun entre votre smartphone et le maintien à domicile des personnes âgées ? Réponse : la santé connectée. Ce secteur en plein boom colonise tous les aspects de notre vie courante. Le point sur ce qu’il faut retenir.

Bonne année et bonne santé ! Plus qu’un adage, c’est une préoccupation partagée par une majorité de Français. D’après l’édition 2016 du baromètre Domplus BVA, 81 % des Français se déclarent préoccupés par leur santé ou celle de leur proche.

Sante connectee

Quand prendre soin de sa santé devient fun

Cette préoccupation ne date pas d’hier. Les sociologues l’expliquent par des facteurs aussi divers que le culte de l’apparence, les différents scandales sanitaires ou encore la sensibilité environnementale croissante des Français. Ce qui a changé au cours de la période récente, c’est que tout est subitement devenu plus facile grâce à la généralisation des smartphones et au développement de l’Internet des objets. On peut désormais partager sa performance sur les réseaux sociaux, modéliser en un clic ses performances et se voir concocter un menu sur-mesure en fonction des calories dépensées. Bref, prendre soin de sa santé devient fun.

Les 3 dimensions de la santé connectée

Pour autant, le développement de la santé connectée n’est pas qu’une affaire de marketing, loin de là. Conscient des enjeux, les acteurs de la santé et de la protection sociale sont désormais très impliqués dans le développement de ces nouvelles technologies.

D’autre part, les hôpitaux et les cliniques ont pris le virage du numérique. Un décret publié en 2010 a listé cinq catégories d’actes de télémédecine et des expérimentations sont en cours pour définir la rémunération associée. Enfin, les compagnies d’assurances et les mutuelles se sont mises à proposer des programmes de coaching en santé. Certaines remboursent l’achat d’objets connectés orientés « santé » !

Cet engouement a donné naissance à un écosystème qui a considérablement évolué au cours des dernières années. Problème, la santé connectée demeure un vaste fourre-tout où cohabitent des notions de télémédecine, de santé mobile ou encore d’éducation thérapeutique. Ces notions diverses peuvent cependant être regroupées dans trois catégories : le suivi de la santé et la prévention, la transmission d’alertes et le suivi thérapeutique.

Faites-vous de la santé connectée sans le savoir ?

Tel le Bourgeois gentilhomme, lorsque vous consultez votre application mobile pour savoir combien de pas vous avez faits ou combien de marches d’escaliers vous avez montées, vous êtes un(e) adepte de la santé connectée sans le savoir ! 

Pour comprendre comme ça fonctionne concrètement, il convient de faire la distinction entre les logiciels et applications qui permettent de mesurer votre activité (tracking), d’une part, et ceux dont le but est de vous diffuser des consignes de prévention et vous apprendre à changer de comportement (coaching), d’autre part.

Dans le premier groupe, on retrouve notamment les applications développées par les fabricants de téléphone (Apple, Samsung…) ou d’objets connectés (Withings, Fitbit, Jawbone…). On y intègre aussi les pèse-personnes, les brosses à dent ou encore les robots ménagers connectés qui permettent de surveiller le poids, l’hygiène dentaire ou encore l’équilibre nutritionnel des repas.

Le second groupe rejoint le domaine de la santé mobile (ou m-santé). Sachant que la France compte 27 millions d’utilisateurs de smartphones , le potentiel est énorme. D’après la startup DMD Santé, 97 000 applications sont disponibles sur les stores et il en sort 1 000 nouvelles chaque mois. Une jungle inextricable qui compterait 80 % de déchets. Prudence donc, d’autant que la notation n’est pas un indicateur de fiabilité. Mieux vaut vous référer à l’application de votre complémentaire santé ou à celle recommandée par votre médecin.

Réagir vite en cas d’accident

La santé connectée peut aussi servir à donner l’alerte en cas d’accident. Aujourd’hui, une personne âgée sur trois (de 65 ans et plus, vivant à domicile) chute dans l’année : le secteur des personnes âgées est donc particulièrement concerné.

Afin de détecter les chutes en temps réel et permettre de géolocaliser les personnes pour faciliter l’intervention des secours, les industriels ont d’abord créé des capteurs sous forme de bracelets-montres (Vivago, Arkéa Sécurité…) ou de médaillons (Mondial Assistance, Assystel…). Mais ces derniers, jugés stigmatisants par les seniors, s’avèrent peu efficaces. La domotique est donc en train de prendre le relais, bardant la maison de capteurs, dans le revêtement de sol par exemple, dont les informations sont collectées grâce à un réseau télécoms bas débit et centralisées par une box, elle-même reliée à une plateforme de téléassistance.

 

Zoom sur une application d’intérêt public ! 

Idem pour venir en aide à quelqu’un faisant un arrêt cardiaque dans la rue par exemple, certaines applications comme "staying alive" peuvent être très utiles. "Staying Alive" est une cartographie mondiale de défibrillateurs et de bons samaritains. En résumé, l’appli vous permet de géolocaliser les défibrillateurs autour de vous ainsi que les personnes formées aux gestes de 1er secours se trouvant à proximité et pouvant venir en aide !

Éviter les allers-retours répétés à l’hôpital

Enfin, la santé connectée permet de veiller au bon suivi thérapeutique ou post-opératoire. Un tiers des utilisateurs d’applications mobiles de santé sont atteints d’une maladie chronique.  Assurer le suivi de leur traitement via tablette ou smartphone et communiquer à distance avec leur médecin leur évite des allers-retours répétés à l’hôpital. Des piluliers électroniques ont également fait leur apparition pour les personnes âgées, qui permettent de vérifier que la personne a bien pris son médicament et gèrent automatiquement le réapprovisionnement en lien avec la pharmacie. Grâce à la santé connectée, les consultations post-opératoires peuvent aussi s’effectuer à distance pour éviter un séjour prolongé à l’hôpital.

La santé connectée semble donc promise à un bel avenir. Pourtant, elle va devoir s’attaquer à un certain nombre de défis. Quid de la sécurité et de la confidentialité des données ?

Quel cadre législatif et réglementaire pour la santé mobile ? A quand un système de labellisation à l’échelon européen pour faire reconnaître les applis officielles et sûres ? Autant de questions qui vont devoir trouver leurs réponses dans un avenir proche.

 

1 : Baromètre trimestriel du Marketing Mobile en France Mobile Marketing Association en collaboration avec com Score, GfK et Médiamétrie, 5ème édition, T4 2013
2 : Notation des applications mobiles de santé : attention, prudence !, DMD Santé, communiqué de presse du 24 août 2015
3 : PAINTER JA, ELLITT SJ, HUDSON S, Falls in community-dwelling adults aged 50 years and older : prevalence and contributing factors. J Allied Health, 38(4), 2009, pp. 201-207
4 : Étude “A la recherche du ePatient” (LauMa communication, Patients & Web, TNS Sofres, Doctissimo, avril 2013