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Olivier Dromby : appelez-le Monsieur l’infirmier libéral

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Publié le Lundi 1 juin 2015 ( mis à jour le Mercredi 28 décembre 2016 )

Il y a quatre ans, Olivier Dromby a franchi le Rubicon. Salarié dans une unité de psychiatrie, il est devenu infirmier libéral dans le Dunkerquois. Un virage à 90 degrés bien négocié.

"Les patients m’appellent souvent Docteur ! Ça doit être parce que je suis un homme !"
Olivier Dromby n’a pourtant pas prêté serment d'Hippocrate, et se considère comme "l’une des petites mains de la médecine".
Infirmier, il dispense toute la journée des soins aussi divers et variés que des pansements en chirurgie pour ceux qui viennent de se faire opérer, des prises de sang, du suivi de diabète, une surveillance glycémique, de la distribution de médicaments, parfois des soins de nursing (hygiène et confort).

Bien plus qu’un infirmier

Ce grand et svelte gaillard de 38 ans, père de deux enfants de 7 et 8 ans, n’avait plus l’habitude de pratiquer ces gestes plutôt techniques. Auparavant, pendant une dizaine d’années, il travaillait dans une unité de psychiatrie au sein de l’Etablissement public de santé mentale des Flandres.

"Nous étions plutôt dans une démarche d’accompagnement des patients". En 2011, il répond à l’invitation d’un ami qui recherche un nouvel associé dans son cabinet du Dunkerquois. Le grand saut… enfin, pas tant que ça : "Étonnamment, mon activité précédente à l’EPSM m’apporte beaucoup dans ma pratique au quotidien. Surtout dans la manière d’accompagner les gens et de construire une véritable relation de confiance". Car inviter un infirmier à domicile chez soi, c’est accepter que quelqu'un - et un homme de surcroît - pénètre dans son intimité.
"Tôt le matin, quand les gens sont encore en pyjama par exemple. Globalement, je suis surpris du bon accueil, de la gentillesse des gens."
En retour, outre les soins, Olivier Dromby apporte, son oreille, mais aussi sa connaissance du milieu médical : "L’infirmier est le lien entre les différents praticiens. Nous passons énormément de temps à nous coordonner pour le bien-être du patient".

Olivier Dromby n’est plus un numéro parmi d’autres

Quatre ans après ses débuts en libéral, l’infirmier ne regrette rien de son passage de l’autre côté de la barrière, effectué avec l’aide du Crédit Mutuel, où il avait déjà fait son prêt immobilier.
"La banque m’a vraiment aidé au moment de franchir le pas, pour établir le chiffre d’affaires, racheter la patientèle. Ça m’a permis de sécuriser une démarche inconnue pour moi".

Alors, bien sûr, désormais, il y a l’Urssaf, la Carpimko (assurance retraite), ces papiers à gérer jusqu’à pas d’heure quand le travail d’infirmier est déjà très prenant - "de 5h30 à 20h30, mais heureusement, être deux au cabinet permet de nous relayer !" -. Mais alors qu’à l’hôpital, il se considérait comme un numéro parmi tant d’autres, aujourd'hui, à la tête de sa petite entreprise, il se sent plus valorisé. Et plus en prise avec les problèmes du monde qui l’entourent : les patients n’hésitent pas à confier leurs soucis financiers ou sociaux à Monsieur le Docteur. Euh non, Monsieur l’Infirmier !