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Innovant comme "InnoVent" !

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Publié le Mercredi 22 août 2018 ( mis à jour le Lundi 20 août 2018 )

Depuis Villeneuve-d’Ascq, InnoVent contribue à électrifier la France et le continent africain à base d’éoliennes, de panneaux solaires et du dynamisme entrepreneurial de Grégoire Verhaeghe. Mais pas seulement !

Un trépied géant de 35 mètres, qui supporte un mât de 65 mètres, permettant ainsi de diminuer l’épaisseur d’acier employé et le coût de l’éolienne ; un flash qui ne s’allumera que lorsqu’un avion s’approchera à moins de 30 kilomètres et de 5 000 mètres d’altitude « au lieu d’éclairer la campagne toute la nuit » ; des systèmes de recharge électrique via la batterie de la voiture « inutilisée 98% du temps » ; Grégoire Verhaeghe est intarissable quand il s’agit d’évoquer les innovations de sa société. Logique quand celle-ci s’appelle… InnoVent.

Pionnier de l’éolien dans la teinturerie

Innovant, le quinquagénaire l’a toujours été. Ce titulaire d’un bac scientifique, qui a participé six fois au Paris-Dakar à moto et se rêvait en exportateur de photopiles solaires sur le continent africain, a d’abord racheté une usine de teinturerie à Tourcoing en 1987. Au sein de cette activité en déclin, il réussit déjà à renverser la tendance en misant sur les économies d’énergie : « si l’on consomme moins d’eau, moins d’électricité, si l’on produit moins de déchets, on dépense moins ! ». En 1993, on le prend d’ailleurs pour un quasi-illuminé lorsqu’il installe sa première éolienne dans la cour de son usine. En 2001, la majorité de gauche plurielle décide de favoriser l’éolien. Grégoire Verhaeghe saute sur l’occasion et fonde InnoVent. Il prend son bâton de pèlerin pour convaincre de l’utilité de ces mâts encore peu répandus en France. Les premières seront installées à Chepy, dans le Vimeu (Somme) en 2003.

270 éoliennes et 200 000 panneaux solaires

Dix-sept ans plus tard, l’entreprise a bien grandi. Depuis le siège social de Villeneuve-d’Ascq, chacun peut observer sur des écrans la production et la consommation des éoliennes et panneaux solaires maison à travers la planète. Car si Grégoire Verhaeghe a installé 3% du parc éolien français, il est désormais un acteur qui compte en Afrique. « Il y a beaucoup de monde sur le marché hexagonal. Et sur le continent africain, sept personnes sur dix n’ont pas accès à l’électricité. Le potentiel est immense ». En tout, entre la France, le Kenya, le Maroc, le Tchad, les Comores, le Sénégal, le Bénin, l’Afrique du Sud et la Namibie, InnoVent et sa cinquantaine de collaborateurs produisent 550 Mégawatts, via 270 éoliennes et 200 000 panneaux solaires

Un Crédit Mutuel réactif qui sait rendre service

Evidemment, un tel développement ne peut se faire sans des finances solides. Considérant l’argent comme « un bon serviteur et un mauvais maître », l’entrepreneur réinvestit les bénéfices et met en place un système d’actionnariat pour une partie de ces éoliennes. « Pour les gens aisés, c’est un placement intéressant, je vous assure ! ». Les banques ont bien sûr leur rôle comme le Crédit Mutuel, avec lequel il travaille depuis une demi-décennie : « C’est très agréable : quand j’ai besoin d’un financement, ma banque est très réactive. Au-delà de l’argent, si elle peut me rendre service, elle le fait »

Grégoire Verhaeghe est aussi un entrepreneur qui sait ne pas se prendre au sérieux. Et une chose le motive vraiment : la planète. « La création m’émerveille. Regardez un simple brin d’herbe et tout le travail qu’il fait. Ce que nous réalisons ici doit contribuer à sauver notre planète ».